Histoire d’idées

J’ai commencé à écrire une histoire. Voilà comment j’ai fait :

1 – J’ai pris l’habitude de toujours transporter un petit calepin sur moi, accompagné d’un stylo qui rentre nickel dans ses spirales. Cela a dû me coûter environ 3 euros (stylo compris) et c’est aujourd’hui mon outil le plus précieux. Son fonctionnement est simple : j’écris dedans et il me fournit des idées. On y trouve des listes de courses, des citations lues quelque part, des dessins, des idées pour plus tard, etc…

2 – Parmi ces idées, j’en ai choisi une que j’ai aimé sur le coup (l’histoire d’un champignon qui pousse partout et qui englouti le monde) et j’ai commencé à développer cette idée dans un cahier plus grand. La chose la plus importante à faire à ce moment là est de ne pas s’autoriser d’opinion sur son travail. Il ne faut pas se demander si c’est bien ou pas, s’il y a mieux à faire ou pas. C’est un processus très mécanique en fait : il faut écrire c’est tout. J’écris des phrases que je sais mal tournées, des synonymes de mots qui me restent sur le bout de la langue, sans rien éditer et pratiquement sans ratures.

3 – Au bout d’un moment, je n’ai plus grand chose à dire à propos du champignon et du monde dans lequel il grandi. J’ai conclu rapidement le texte et, sans le relire, je suis passé à autre chose. J’ai décidé de suivre un conseil d’Austin Kleon et je me suis tourné vers la bibliothèque à la recherche d’un livre que je n’ai jamais lu : je suis tombé sur Le Chien Bleu de Nadja, l’ai transformé en Chat Bleu (je préfère les chats) et ai essayé d’imaginer l’histoire sans l’avoir lue. Comme j’avais déjà défini un univers avec le champignon, j’ai naturellement lié les deux idées et ai mis le Chat Bleu en scène dans l’univers du champignon. J’ai écrit 3 pages de plus que sur le champignon.

4 – 1 + 1 = 3. L’idée du champignon et l’idée du chat combinées ont donné naissance à beaucoup, beaucoup d’autres idées que je me suis empressé de noter dans mon carnet.

5 – Retour à l’étape 1.

Il ne faut pas attendre d’avoir une bonne idée. Les bonnes idées ne se montrent que si on est prêt à travailler sur les moins bonnes. En se combinant, les idées donnent naissance à de nouvelles idées, souvent meilleures, qui constituent ensuite notre capital de création.

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